INTELLIGENCE COLLECTIVE

Un objectif commun. Des rôles différents. Une communication permanente.

Regardez cette manœuvre.

Un hélicoptère de la Sécurité civile vient réaliser un appui patin auprès d’une victime.

En quelques secondes, tout est là.

Le pilote se concentre sur son approche et sur la précision de la manœuvre.
Le mécanicien surveille l’environnement et devient le troisième œil du pilote, lui donnant les repères nécessaires au sol.
Le secouriste et le médecin se consacrent à la victime et à sa prise en charge.

Chacun a son rôle.

Chacun a sa compétence.

Mais surtout, tous poursuivent le même objectif.

C’est cette coordination permanente qui m’intéresse ici et  que j’appelle le leadership d’objectif.

  • Parce que derrière cette manœuvre technique se trouve une véritable leçon de management : l’intelligence collective ne consiste pas à faire la même chose ensemble. Elle consiste à faire des choses différentes, parfaitement coordonnées, au service d’un même objectif.

1. UN OBJECTIF, PLUSIEURS COMPÉTENCES

Dans une intervention, personne ne peut tout faire.

Le pilote possède son expertise.
Le mécanicien possède la sienne.
Le secouriste et le médecin ont leurs propres compétences.

La réussite de la mission dépend précisément de cette complémentarité.

Le pilote n’a pas besoin de devenir médecin.

Le médecin n’a pas besoin de piloter l’hélicoptère.

Le mécanicien n’a pas besoin de prendre en charge la victime.

La force du collectif naît de la complémentarité des compétences.

Mais cette complémentarité ne fonctionne que si chacun connaît son rôle, comprend celui des autres et partage le même objectif.

2. CHACUN PREND SA PLACE

 

Dans une équipe efficace, chacun doit pouvoir exercer pleinement sa compétence.

Le rôle du pilote est de piloter.

Celui du mécanicien est notamment de surveiller l’environnement et de transmettre au pilote les informations dont il a besoin.

Le secouriste et le médecin prennent en charge la victime.

Personne n’est passif.

Personne n’est isolé.

Chacun observe son environnement, prend des décisions dans son périmètre de compétence et contribue à la réussite collective.

L’autonomie n’est donc pas l’indépendance.

Elle prend tout son sens lorsqu’elle s’exerce dans un cadre commun.

3. COMMUNIQUER POUR AGIR

Dans cette manœuvre, la communication est permanente.

Le mécanicien devient véritablement le troisième œil du pilote.

Il lui donne des repères.

Il lui transmet ce qu’il voit.

Il lui permet de disposer d’informations qu’il ne peut pas percevoir lui-même depuis son poste de pilotage.

Cette communication ne vient pas perturber l’action.

Elle la rend possible.

Dans une situation complexe, nous ne disposons jamais tous des mêmes informations.

Chacun voit une partie de la situation.

La performance collective consiste alors à mettre ces perceptions différentes en commun pour construire une compréhension partagée de la situation.

4. LE LEADERSHIP D’OBJECTIF

C’est ici que se trouve, pour moi, le véritable sens du leadership d’objectif.

Le leader ne peut pas tout faire.

Il ne doit pas chercher à tout contrôler.

Son rôle est de donner un cap, de définir l’objectif et de créer les conditions permettant à chacun d’agir dans son domaine de compétence.

Ensuite, il faut faire confiance.

Faire confiance ne signifie pas abandonner le contrôle.

Cela signifie faire confiance aux compétences tout en restant attentif à la situation et à l’objectif.

Dans un équipage, chacun connaît sa mission.

Mais chacun sait également que son action participe à celle des autres.

Le leadership ne consiste alors plus à dire à chacun comment faire.

Il consiste à permettre à chacun de bien faire ce qu’il sait faire, au service du même objectif.

5. FAIRE RÉUSSIR LES AUTRES

C’est peut-être la dimension la plus importante de l’intelligence collective.

Dans une équipe, ma réussite dépend souvent de la capacité des autres à réussir leur propre mission.

Le pilote permet au mécanicien d’exercer pleinement son rôle.

Le mécanicien permet au pilote de disposer des informations dont il a besoin.

Le secouriste et le médecin peuvent se concentrer sur la victime parce que l’équipage assure la sécurité de la manœuvre.

Chacun contribue à la réussite des autres.

C’est ce que j’appelle l’esprit de cordée.

Nous n’avons pas tous la même fonction.

Nous n’avons pas tous les mêmes compétences.

Mais nous avançons dans la même direction.

Et lorsque chacun accepte de prendre sa place, de faire confiance, de communiquer et d’assumer sa responsabilité, le collectif devient plus fort que la somme des individus.

L’intelligence collective n’est donc pas une addition de compétences.

C’est la capacité à les faire travailler ensemble autour d’un objectif commun.

C’est cela, le leadership d’objectif.

Donner un cap.

Faire confiance.

Communiquer.

Assumer sa responsabilité.

Et surtout, faire réussir les autres.

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Face à l’incertitude de notre époque, la performance ne viendra pas de procédures de contrôle toujours plus lourdes ou de techniques et matériels sophistiqués. Elle viendra de votre capacité à transformer vos collaborateurs en une véritable cordée : des professionnels autonomes, solidaires et tendus vers un même sommet.